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vendredi 13 janvier 2012


El Gusto ou le mythe du blues Casbah




Sorti le 11 janvier, El Gusto, produit et réalisé par Safinez Bousbia, a été projeté la semaine dernière au Grand Rex de Paris, et début janvier à Alger en projection privée.




La réalisatrice espère diffuser son film en Algérie, pour faire connaître le film, le livre et l’album de ce projet ambitieux. Aucun document visuel ne regroupe autant de musiciens de chaâbi, un récit qui remonte l’histoire des pionniers du blues algérien jusqu’aux années 1950. La bonne humeur du documentaire caractérise la musique populaire inventée au milieu des années 1920 au cœur de La Casbah d’Alger par le grand musicien de l’époque, El Anka. Elle rythme l’enfance de ses jeunes élèves du conservatoire, arabes ou juifs. L’amitié et leur amour commun pour cette musique qui «fait oublier la misère, la faim, la soif» les rassemblent pendant des années au sein du même orchestre jusqu’à la guerre et ses bouleversements.
El Gusto, Buena Vista Social Club algérien, raconte avec émotion et... bonne humeur comment la musique a réuni ceux que l’histoire a séparés il y a 50 ans. 

mardi 10 janvier 2012


Des clips 100% algériens !


S’il y a un domaine où le musicien algérien ne se retrouve plus, c’est bien dans la réalisation de clips. Thala Films a peut-être une solution.




En effet, la boîte de production qui innove lance un nouveau projet axé sur la musique cette fois-ci intitulé «DZIC».
L’idée du projet est simple : 10 artistes algériens chantant en arabe dialectal et kabyle verront leurs clips réalisés par 10 jeunes réalisateurs. Toujours dans l’idée de permettre à de jeunes réalisateurs de se lancer dans l’aventure de l’audiovisuel.
Thala Films a d’ailleurs produit trois clips pour le rappeur HH1 et Joe Batoury qui ont été nominés dans la catégorie meilleur clip de l’année aux derniers Kherdja Awards. Plusieurs artistes de la scène montante algérienne se sont déjà prêtés au jeu tels que Hayet Zerrouk avec son titre Dor, Nassim Djezma avec Romeissa, le groupe électro The Crossfaders, le groupe Caméléon, Samir Farès ainsi que Good Noise pour ne citer que ceux-là.      

samedi 24 décembre 2011


Zoom sur Brahim TSAKI



Le réalisateur algérien, diplômé d'une école de cinéma belge (IAD), sera honoré par une rétrospective à la Cinémathèque Algérienne. Celle-ci aura lieu du 26 au 30 décembre 2011.

La première édition de ce projet, réalisée grâce au concours de l’Agence algérienne de Rayonnement Culturel (AARC) est consacrée au réalisateur Brahim Tsaki qui a étudié à l’Institut des Arts de Diffusion (IAD).
La rencontre s'étendra sur 5 jours. L'oeuvre complète de Brahim Tsaki sera présentée du 26 au 30 décembre 2011 à la Cinémathèque d’Alger.
Le cycle continuera, ensuite, à circuler dans toutes les salles du réseau de la Cinémathèque algérienne et, notamment, à Sidi Bel Abbés, ville natale du réalisateur, début janvier 2012.
En marge de ces projections, 2 ateliers seront organisés à Alger : écriture de scénario et montage vidéo, ils seront dirigés par Brahim Tsaki et son assistant, également cinéaste, Habib Tsaki.


Brahim Tsaki est né en 1946 à Sidi Bel Abbés en Algérie. Il est diplômé de l'IAD (Institut des Arts de Diffusion). Il réalise son premier film Gare de triage en 1975 et entre au département documentaire de l'ONCIC (Office national du commerce et de l'industrie cinématographiques) à Alger en 1978.
Ses premiers films sont des portraits d'enfants.

Les Enfants du Vent (Abna al-rih, 1981) ;
Histoire d'une Rencontre (Hikaya liqa 1983) ;
Les Enfants des Néons (France, 1990).
Le cycle se terminera par la projection du dernier film du réalisateur, (Il était une fois) (2008) qui a obtenu le Prix de la photographie au Festival du Film d’Oran, en 2008.



►Du lundi 26 au vendredi 30
►Alger
►Tous les jours à 17h30
►A la cinémathèque d'Alger.



vendredi 16 décembre 2011



Viol de journalistes :
La onzième plaie d’Egypte


Les journalistes femmes doivent-elles continuer à couvrir les évènements place Tahrir après les trois viols de journalistes étrangères ? Suite à la polémique autour du communiqué de RSF, El Watan Week-end fait parler les concernées.


«Ils étaient une cinquantaine, ils ont déchiré mes vêtements, ont arraché mon jean, mes sous-vêtements. M’ont violée avec leurs doigts. Pendant 45 minutes. La foule applaudissait autour.» Le témoignage de Caroline Sinz, journaliste de France 3, agressée en novembre dernier place Tahrir, a été repris par tous les médias. Sur le web, la blogueuse Mona El Tahaoui, arrêtée par la police, a raconté son viol au commissariat, le même jour. Il y a eu aussi le cas de l’Américaine Lara Logan de la CBS, première journaliste violée en Egypte. Le Caire est-il devenu une destination impossible pour les grandes reporters ? Juste après la médiatisation du viol de Caroline Sinz, Reporters sans frontières (RSF) a cru bien faire en envoyant aux rédactions un communiqué stipulant que les femmes journalistes ne devraient plus être envoyées en Egypte.
«C’est au moins la troisième fois qu’une femme reporter est agressée sexuellement depuis le début de la révolution égyptienne, peut-on lire. Les rédactions doivent en tenir compte et cesser momentanément d’envoyer des femmes journalistes en reportage en Egypte.» Les réactions – dont certaines très violentes – ne se sont pas fait attendre. «Je me suis opposée fermement à cette idée», nous a expliqué Claude Guibal, journaliste pour Radio France au Caire. RSF a depuis changé leur communiqué, se contentant d’appeler «à la prudence», précisant que si une rédaction choisit d’y envoyer un de ses éléments, «c’est en connaissance de cause». Cela n’a pas suffi à calmer la profession, si bien que RSF a complètement supprimé l’avertissement.


Casse-cou
Claude Guibal campe sur ses positions. «Au-delà de la particularité d’être en reportage, il faut savoir que c’est une situation que connaissent toutes les Égyptiennes. Le harcèlement sexuel au quotidien qui peut aller jusqu’au viol. C’est une pression sexuelle terrible qui se ressent concrètement. Personnellement, je refuse de céder à ces pressions qui nous écartent de la réalité.» La sociologue et journaliste Marwa Hababi partage l’avis que sa consœur. «Les reporters femmes sont une cible lors des manifestations comme celles de la place Tahrir. La tension est telle que la concentration d’individus augmente les risques d’agression et parfois de viol.»


Reste pour la journaliste à mesurer le risque pris, en relativisant sa peur. «Quand on se retrouve coincée dans un endroit, il y a des moments d’inquiétude, et surtout de peur physique, poursuit Claude Guibal. Mais je suis consciente des dangers sans pour autant être une casse-cou. Je vis depuis une quinzaine d’années en Egypte, où j’ai ma famille et mes amis. Ma peur n’est pas forcément celle d’une personne couvrant des évènements, elle ressemble à celle de n’importe quel citoyen égyptien. Quand tout le monde est pétrifié, vous l’êtes en même temps que les autres.» Paradoxalement, la société égyptienne a toujours dénoncé les méfaits et le harcèlement sexuel que subissent 98% des Égyptiennes selon des sondages publiés il y a quelques années par les journaux égyptiens.


Niqab?
«C’est une plaie pour l’Egypte ! assure Marwa Hababi. Le harcèlement sexuel se retrouve à tous les niveaux. La police, dans la majorité des cas, ne relève que les plaintes des touristes. Elle les prend au sérieux contrairement aux citoyennes qui se voient infliger une double condamnation…» Pourtant, la société civile se mobilise face à ce phénomène qui souille l’image du pays. Même si le cas de Caroline Sinz a été peu médiatisé en Egypte, «les gens ont été choqués et profondément indignés. Les personnes qui entendent jouer un rôle politique ou public ont condamné ce genre de chose», assure Claude Guibal qui, pour l’anecdote, raconte : «J’ai reçu des appels de salafistes que je connais, qui voulaient vérifier que ce n’était pas moi qui avais été visée. L’un d’eux m’a précisé que c’était pour cette raison qu’ils demandaient aux femmes de porter le niqab et de rester à la maison, afin de les protéger de la violence des hommes.»


Si pour certains, empêcher les journalistes femmes de se rendre place Tahrir est une solution, pour d’autres il est surtout important d’informer et de former les journalistes aux dangers des grands reportages en Egypte.
«La problématique est nouvelle et s’est imposée aux médias occidentaux qui ont besoin des femmes reporters pour aller au-delà de l’info, conclut Marwa Hababi. Car ce sont elles, et pas les hommes, qui entrent dans les familles, les hôpitaux, les orphelinats… et elles nous apprennent plus sur la situation sociale des Egyptiens. Si on interdit aux femmes journalistes de faire leur travail, on ampute une grande partie de la vérité au monde.»

vendredi 11 novembre 2011




Quand l’art déclare la guerre aux armes






La 5e édition du Festival artistique (Artifariti), qui a eu lieu du 15 au 25 octobre à Tindouf, a rassemblé plusieurs activistes internationaux, dont Maria Antonia Hidalgo.




Art-thérapeute et militante pour la cause sahraouie, elle se consacre à redonner envie de grandir aux enfants réfugiés. «L’objectif principal du festival Artifariti est de rendre visible le conflit du Sahara occidental à travers l’activité artistique. C’est une manière de militer. Et oser discuter de ce que les gouvernements taisent», explique Maria Antonia Hidalgo, directrice du Master en art-thérapie et des applications de l’art pour le dialogue et l’intégration sociale (université Pablo de Olavide de Séville, Espagne), présente à Tindouf pour la 5e édition d’Artifariti.  Ce festival est un programme de formation et de communication qui vise «à apporter un souffle de liberté et d’espoir aux jeunes réfugiés sahraouis, privés du présent mais luttent pour leur avenir.»


Peinture, vidéo, art textile, art-thérapie, sculpture en fer... L’utilisation d’outils contemporains et de matériaux liés à la culture et identité sahraouies permet aux jeunes réfugiés de s’exprimer, sortir de l’isolement et chercher des possibilités de développement personnel et collectif. Selon Maria Antonia Hidalgo «l’art-thérapie est une méthode qui consiste à créer les conditions favorables au dépassement des difficultés personnelles par le biais d’une stimulation des capacités créatrices.» Pour la spécialiste, Artifariti représente par ailleurs «un engagement politique, personnel et professionnel. Je ne peux pas rester indifférente à ce conflit dramatique, dont le responsable est mon pays, l’Espagne.» L’art-thérapie vient aussi à la rescousse des enfants, qui absorbent sans réellement comprendre toute la violence à laquelle ils sont exposés.


«Le premier langage de l’enfant est corporel et gestuel avant d’être verbal. Ainsi, l’une des formes les plus naturelles de l’expression infantile se fait à travers ses expressions artistiques, précise-t-elle. L’enfant qui peut réagir sensiblement à ce qu’il entend, voit, touche ou sent, développe plus facilement ses capacités et son désir de communiquer avec les autres. Ainsi toute activité créatrice le rend plus sensible et compréhensif aux choses qu’il fait ou gère.»

jeudi 10 novembre 2011


Evasion & découverte




L’étoile resplendissante de "Rodolphe l’Anglais"




L'homme était d'une grande culture. Sidi Bou Saïd, à quelques kilomètres de Tunis, cultive aujourd'hui l'héritage du baron Rodolphe d'Erlanger dans son palais Ennejma Ezzahra, premier monument classé au patrimoine historique après lindépendance de la Tunisie. Un délire de tapis, instruments de musique, tableaux, manuscrits...à ne rater sous aucun prétexte si vous passez par la corniche..




«Je suis fasciné par ce lieu. D’abord, c’est un vrai miracle de trouver le palais aussi intact. Et puis, j’aime beaucoup les transformations faites pour la conservation des instruments de musique. Je ne me lasse jamais de contempler les merveilles qui dorment tranquillement, à l’abri du brouhaha et des changements qui tourmentent mon pays...» Une voix chargée d’émotion, l’air un peu triste, mais toujours fier de ce patrimoine, Jélil Boudila, un Tunisois heureux de se trouver dans ce lieu mythique et content de le faire découvrir à sa fille, nous raconte sa passion pour ce lieu en particulier. «Chaque ville a son histoire, ici, à Sidi Bou Saïd, nous avons vu défiler beaucoup de monde, mais peu ont marqué l’histoire de la Tunisie. Le baron a aimé la région et lui a légué un beau cadeau.» Si vous passez par le village en blanc et bleu de Sid Bou Saïd, à 18 km de Tunis, n’hésitez pas à faire  un petit crochet par le centre des musiques arabes et méditerranéennes, dans le palais du baron Rodolphe d’Erlanger Ennejma Ezzahra. Surplombant une baie d’un bleu changeant – tout dépend de l’heure à laquelle vous vous rendez – la grande propriété est ouverte sur les autres demeures séparées d’espaces verdoyants. L’architecture cubique du palais est typique du style tunisien : des lignes pures, des arcades soigneusement alignées, et le blanc immaculé des façades donne le tournis.


Visionnaire
«Certains touristes pensent que c’est un vestige tunisien et qu’il a été repris par le baron. Or, c’est le baron lui-même qui a pris tout son temps pour la construction, il a mis de longues années», explique Jélil, en poursuivant «Rodolphe d’Erlanger s’est établi d’abord dans une petite maison à dôme, près du terrain qu’il consacrera au palais. On dit que les artisans de la région, mais aussi d’Egypte, ont fait le voyage exclusivement pour travailler le marbre, le bois et autres matériaux  ciselés.» Anecdote remarquable : le chantier va durer un peu plus de dix ans. Rodolphe d’Erlanger fera venir d’Europe des spécialistes afin d’y installer toutes les commodités, en choisissant une robinetterie sophistiquée, toujours visible dans  son appartement personnel. Le baron avait le souci du détail, il aménagera une grande chambre avec salon privé pour sa femme, une autre chambre pour son fils, et se réserve un espace tout aussi précieux, avec un atelier pour ses peintures. Bien que les quartiers de son épouse semblent plus spacieux, on remarque que les siens sont sobres et pratiques. Les joyaux des chambres sont ces fameux lits incrustés dans le mur, ornementés de feuilles d’or, dont les colonnes sculptées laissent rêveur. «En contemplant les détails de la maison, on se rend compte que le baron était visionnaire. Il aimait les grands espaces, on en juge par la dimension du bain maure par exemple, ou le jardin qui entoure le palais», déclare Kathia Ouridane, architecte algéro-tunisienne et chercheur indépendant.


Trésor
«Il faut avouer que dans chaque recoin, on se sent envahi par le désir de perfection, je ne sais pas si les marches des escaliers sont d’origine, mais leur marbre et le même que celui du bain maure, elles sont spacieuses. L’histoire rapporte que le baron a fait appel à un architecte qui a mélangé les styles prédominants de l’époque.» Au-delà de l’architecture spécifique du palais, il existe une belle collection de tableaux, souvent des portraits réalisés par le baron d’Erlanger lui-même, visibles dans son atelier privé, situé à l’étage. Le baron était un grand collectionneur, vu le nombre de tapis persans et turcs qui habillent le sol et parfois les murs des différentes pièces. «Chaque objet a une valeur et une histoire. Le baron a bon goût et connaît la valeur des choses, il y a ici un trésor en manuscrits arabes anciens, objets d’art et sculptures. Sans oublier les mosaïques si richement chargées», assure Kathia. «Plus de 2000 objets animent cet espace. Malgré leur nombre, leurs origines hétéroclites et la diversité de leurs styles, leur présence parvient à instaurer un équilibre harmonieux avec l’espace du palais. Comme s’il existait entre eux et l’espace qui les accueille une relation dialectique qui fait que le palais ne peut vivre sans ces œuvres qui, par ricochet, perdraient de leur valeur hors des murs de Ennejma Ezzahra», peut-on lire dans la brochure de présentation du palais.




Phonothèque
La musique occupe une place prédominante dans l’agencement des différentes pièces. Ainsi, le visiteur peut admirer l’exposition permanente d’instruments de musique répartie sur deux salles. «Vous trouverez ici, la collection la plus complète, des instruments de musique et aussi la collection personnelle du baron d’Erlanger», explique le guide. On y trouve des instruments à vent, cordes, percussion et claviers, soigneusement présentés sous des vitrines de verre. Dans une autre salle, on découvre les photos anciennes de célèbres musiciens tunisiens, et une autre exposition d’instruments arbo-andalous, dont un magnifique qanun. Le palais, qui abrite aujourd’hui le Centre des musiques arabes et méditerranéennes (CMAM), consacré à la musique et aux divers champs de l’activité musicale, contribue, également, à la sauvegarde du patrimoine musical tunisien, arabe et méditerranéen, et œuvre au développement du fonds de la phonothèque. D’autre part, dans le but de promouvoir les recherches musicologiques, le CMAM met à la disposition des chercheurs, tunisiens ou étrangers, un certain nombre d’outils. En plus des ateliers de lutherie et de master class, le centre accueille, depuis six ans, le festival Musiqat. Prestigieux rendez-vous de pure découverte musicale.






Bougainvilliers
«Le premier équilibre à trouver est celui entre musiques traditionnelles et musiques néo-traditionnelles», écrit Anas Ghrab, musicologue et directeur du CMAM, en précisant que «la différence entre ces deux catégories n’est pas une question de nuances et ne se limite pas à un aspect formel. Même si elles sont difficiles à cerner, ces deux catégories se distinguent par la nature de leurs musiciens, par leurs repères esthétiques, par les modalités de leur production, et sans aucun doute, par leur public cible». Enfin, au-delà de l’imposante porte du palais, on est conduit vers une allée bordée de fleurs et on se rend compte qu’on est entouré d’un vaste jardin, composé de petits espaces typiques. Adossé au mur blanc du palais, le jardin persan est un espace planté de rosiers et de bougainvilliers se partageant en quatre parties avec, au milieu, une fontaine. Une allée tout aussi belle et bordée de lauriers roses et autres plantes. L’ensemble du jardin plonge dans la baie de Sidi Bou Saïd, offrant une vue imprenable. «Je pourrai rester ici toute ma vie, confie Jélil, à contempler ce miracle de la nature…»

vendredi 4 novembre 2011


Oum. Chanteuse marocaine



"J’aimerais collaborer avec Idir !"




Des nominations partout dans le monde, dernièrement au Festival du film d’Abu Dhabi pour son rôle de Fatema dans le court métrage Salam Ghourba, Oum poursuit son aventure musicale afin de présenter son nouvel album Sweerty au monde entier.




Vous venez de participer à une manifestation afro-américaine d’envergure. Racontez-nous cette nouvelle aventure…
J’ai été très touchée et honorée par ma nomination aux Afrotainments Museke Awards. C’est aussi pour notre continent une fierté d’avoir, au même titre que l’Europe ou les Etats-Unis, des manifestations de cette importance qui priment les meilleurs artistes annuellement.


Sweerty, votre nouvel opus, est un hymne à la liberté et l’amour…
Cet album s’inscrit dans la continuité de mon précédent travail. Dans la mesure où j’y exprime en effet liberté, amour et spiritualité. Musicalement, j’ai essayé, tout en invitant les musiciens de mon groupe à participer à la composition, d’accorder plus de place à la soul, de donner également de l’importance à l’acoustique. Mon objectif est de toucher davantage l’auditeur avec des chansons intimistes aux sonorités organiques.


Votre collaboration avec le chanteur ghanéen Blitz a donné naissance à Harguin. Un titre poignant. Comment s’est passée cette rencontre ?
Blitz et moi avons une amie en commun à New York, c’est elle qui a rendu notre rencontre possible. Quand j’ai présenté le projet de Harguin à Blitz, il a aimé la musique et le thème. Nous avons ensuite travaillé à distance les textes, puis les enregistrements. Nous nous sommes ensuite rencontrés à Paris une fois que la chanson était quasiment prête. C’est un artiste très talentueux, aux textes engagés, et très sensible à ce qui touche l’Afrique, car il est lui-même originaire du Ghana.


En écoutant Sweerty, on se rend compte que les thèmes sont engagés. D’ailleurs, comment avez-vous vécu les révolutions arabes ?
Ce qui se passe, depuis maintenant neuf mois, dans certains pays arabes est pour moi un signe d’éveil ! C’est une étape dans l’évolution de nos pays, de nos mentalités également. J’ai envie de voir cela comme quelque chose de positif, bien que chaque pays a sa propre histoire.


Votre style est un véritable arc-en-ciel musical, entre soul, jazz et poésie du désert. Où se situe-t-elle réellement?
Je vis la musique comme on vit les saisons. Mes chansons se situent au carrefour de mes influences : la poésie hassany (culture du désert marocain), les rythmes africains, le jazz et le gospel. Mais aussi, de tout ce qui peut toucher mes sens. En somme, l’expression de mon âme dans un espace temps, c’est pourquoi j’aime l’appellation «soul».


Finalement, vous avez élaboré un univers musical qui vous est propre. Pourtant, vous n’hésitez pas à inviter d’autres artistes qui ne vous ressemblent pas.
La musique est un échange entre le musicien et l’auditeur. Alors qu’elle naît de l’échange entre musiciens et chanteurs. Dans la rencontre artistique, le meilleur de la musique peut voir le jour, et c’est justement nos différences qui embellissent les nuances.


Vous êtes une artiste qui fait attention à son look. Ce style qui plaît tant est-t-il un mélange de vos racines ?
J’attache une grande importance à mes tenues de scène. Cela dit, je ne suis pas habillée ainsi au quotidien ! C’est comme vous dites «un mélange». Un peu comme pour la musique, il y a un peu de mes racines, de mes ancêtres, un peu de l’espace et de la ville dans laquelle je me produis, ou le pays aussi. Quand je me produis dans un pays, j’aime trouver un accessoire traditionnel afin de l’ajouter à ma tenue, et enfin une touche finale selon l’humeur du moment.


Quelles sont les difficultés des artistes marocains aujourd’hui ?
De nos jours, où qu’ils soient, les artistes ont les mêmes problèmes : fin du support audio, piratage, etc. Au Maroc, il y a un sérieux souci de droits d’auteur.


Quoi que vous ayez beaucoup de fans en Algérie, vous n’y avez jamais donné de concerts.
J’aimerais beaucoup venir chanter pour mon public algérien. Si on m’y invite, je viendrai ! J’écoute la musique algérienne, en particulier Idir, Amazigh Kateb, Kamel Harrachi, Souad Massi, Khaled, Djazzia Satour…


Avec quel artiste algérien aimeriez-vous collaborer si l’occasion se présentait ?
J’aimerais me produire avec le chanteur Idir !



Bio express :
Oum El Ghait est née à Casablanca, la capitale économique du Maroc, et a grandi dans la ville de Marrakech. Elle tient son nom de sa grand-mère paternelle : Lalla Oum El Ghait Bent Bella. Oum est une chanteuse éclectique qui ose jouer de la musique soul mixée à ses influences (Malouma Mint El Maidah, Ella Fitzgerald, Miriam Makeba, Billie Holiday, Dimi Mint Abba, Aretha Franklin et Eryka Badu). Son premier album, Lik’oum, a été présenté à Casablanca en mai 2009. Elle est considérée comme l’une des voix majeures de la scène marocaine féminine.


Pour aller plus loin: 

http://www.oum.ma
http://www.reverbnation.com/oum
http://www.oum.book.fr
http://vimeo.com/channels/oum
http://www.youtube.com/user/OumTV